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Lectures variées...

Mercredi 16 novembre 2005



"Mauvaises pensées..."

«Je viens vous voir parce que j’ai des mauvaises pensées»

Extrait du livre "Mes mauvaises pensées"de
 Nina Bouraoui




Nina Bouraoui vient d'avoir le prix Renaudot

pour son dernier livre...mise sur la piste par Maria (voir les commentaires de l'article Visages), j'ai   glané quelques éléments...donnant envie à chacune de foncer chez son plus proche libraire
(ce que je vais derechef faire...) !!!




Nina Bouraoui - Extrait du livre "Mes mauvaises pensées"  - Editeur : Stock – 2005

"Avant j'écrivais dans me tête, puis j'ai eu les mots, des spirales de mots, je m'en étouffais, je m'en nourrissais ; ma personnalité s'est formée à partir de ce langage, à partir du langage qui possède. Je n'ose plus me regarder dans le miroir, je ferme les chambres de notre appartement à clé, je cache les couteaux, je dors seule, j'ai si peur de faire mal à l'Amie. La nuit qui précéda mes mauvaises pensées, je me souviens d'une voix de femme qui appelait au secours, je me souviens avoir entendu des coups contre une fenêtre fermée : on frappait un corps."

Née en 1967 à Rennes, Nina Bouraoui est une auteure de tout premier plan qui a reçu en 1991 le prix du Livre Inter pour "La Voyeuse interdite". Son travail pose la question des limites entre la fiction et l'autobiographie et s'enracine dans l'interpénétration de modes d'expression et d'invention de soi qui ne sont bien sûr pas étanches. Dans ce très beau livre, où l'on retrouve l'écriture à fleur de peau, en urgence, de Nina Bouraoui, l'écrivaine poursuit sa quête introspective à partir du récit de ses rendez-vous hebdomadaires, sur une période de trois ans, avec le "docteur C".

Ce livre se donne donc à lire comme un récit de récits, avec à la clé toutes les préoccupations de l'auteure : l'identité sexuelle, l'identité culturelle (Nina Bouraoui revendique à la fois, et contradictoirement, sa double appartenance à la France et à l'Algérie, comme une double naissance), sa famille, ses amours et son entourage, dont feu l'écrivain Hervé Guibert, les pouvoirs de la littérature et le langage comme lieu de la vérité existentielle.

"Mes Mauvaises pensées" est donc moins le récit d'une thérapie qu'une confession littéraire où l'amour est le maître mot (présentation de la Fnac).




Un interview de Nina Bouraoui:

«L’écriture est une pratique amoureuse»


 

Vous proclamez l’égale souveraineté de la passion de l’écriture et de celle de l’amour. L’écriture est-elle pour vous une pratique amoureuse?

Oui, l’écriture est une pratique amoureuse. Chaque livre est un rendez-vous clandestin. J’ai trompé toutes les femmes de ma vie avec les personnages de mes romans! J’ai la même folie, la même obsession que lorsque je tombe amoureuse.
Je l’avoue, c’est insupportable pour les autres. Il y a des jours sinistres aussi, quand l’écriture ne vient pas. C’est la fin du désir alors, et c’est horrible! Je pense que les forces du désir et que les forces de l’écriture prennent dans le même brasier. Poupée Bella est un livre sur le milieu des filles mais aussi sur les secrets de l’écriture.

Vous restez l’auteure de la double appartenance. Dans Poupée Bella, vous allez et venez entre le milieu gay et le milieu lesbien…
Je suis fascinée par le monde des garçons, par leur grande liberté sexuelle, par cette circulation des corps. Les filles sont plus sentimentales… Mon meilleur ami était gay et je crois que nous avons formé un couple sans le savoir. Il y a une vraie relation miroir entre les filles et les garçons gays. Il y a de la jalousie et de la possession. Ensemble, nous allions au Boy et j’avais l’impression d’être sa reine, au Kat, il était toujours mon petit roi qui me serrait dans ses bras… Ce sont les filles qui m’ont brisé le cœur!

Dans ce journal, vous évoquez vos premiers jeux de séduction dans le «Milieu des Filles». Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce milieu?
Ce que j’aime dans ces nuits-là, c’est la place qu’occupent les femmes: elles retrouvent le pouvoir! Ce sont les seuls endroits où une femme peut sortir seule, se mettre au bar, prendre sa petite coupe de champagne, séduire ou danser. Souvent, j’ai eu l’impression de voler cette liberté aux hommes. Le milieu des filles est une bonne école. Sortir seule donne du pouvoir en fin de compte. Les femmes de ce milieu sont, sans le savoir, dans une mécanique féministe. Ce sont des affranchies.

Votre précédent roman, La Vie heureuse, a pu être considéré comme une «sortie du placard». Quelle a été la réception du livre autour de vous?
La Vie Heureuse a été un beau succès personnel. J’ai pu enfin dire combien j’ai aimé Diane, ma «meilleure amie» . J’ai réparé mon passé. J’ai retrouvé, par le net, deux élèves du lycée français de Zurich, deux filles que j’adorais et qui ont été surprises par cette révélation. Mes proches connaissent ma vie, mais ignorent toutes les souffrances de mon adolescence. Et puis je voulais écrire pour tous les jeunes gays. Il y a une immense solitude, à quinze ans, quand on tombe amoureux, et que l’on découvre ses premiers désirs. Il faut écouter, regarder ses enfants. L’homosexualité ne doit plus être vécue comme une maladie honteuse. A quand les cours d’instructions sexuelles à l’école? Oui, vous pouvez aimer un homme ou une femme, oui il y a plusieurs formes d’amour, oui, tout est normal. Je n’ai pas perdu mes lecteurs. J’avais déjà amorcé le processus avec Garçon manqué. J’ai reçu des centaines de lettres, toutes disaient: Merci! Vous avez raconté mon histoire. Mon éditeur, Jean Marc Roberts, est très fier de mes prises de position, de cette liberté. Quant aux autres, les «choqués» ou les «déçus», je les ignore.

Comment réagissez-vous quand on vous parle de «ghetto» et de «communautarisme»?
Le monde est encore profondément hétérosexuel. Nous devons nous serrer les coudes. Mais l’homosexualité n’a rien à voir avec l’intelligence, le talent ou la sympathie. L’homosexualité ne peut pas tout pardonner. Je n’aime ni la haine ni l’intolérance. Si le communautarisme permet à certains de mieux vivre leur homosexualité, alors tant mieux, je suis pour. Le mot ghetto rappelle de mauvais souvenirs. J’adore l’expression gay friendly!

Avec Garçon manqué, puis avec La Vie heureuse, vous avez conquis le public lesbien. Comment vivez-vous cet engouement?
J’ai lu dix fois Carol, puis le Puits de Solitude, j’ai dévoré les Claudine. Je suis heureuse et fière d’avoir un public lesbien. Les livres sur ces amours-là sont encore rares. La littérature entre dans les solitudes et par là, elle en devient miraculeuse.


Site d'où provient cet interview

 exthttp://www.360.ch/presse/2004/04/nina_bouraoui_lecriture_est_une_pratique_amoureuse.php




Autres livres de Nina Bouraoui



Poupée Bella (existe en poche)


Fin des années 1980. Le Katmandou, le Studio A, le Scorpion sont quelques-uns des hauts lieux de la vie nocturne et du « Milieu des Filles ». C’est là qu’évolue nuit après nuit la narratrice de ce journal recomposé. Des regards. Des séductions fugaces. Julien, l’ami homosexuel, le complice. Le souvenir de Marion, son premier amour d’adolescente, que des liaisons éphémères ne parviennent pas à lui faire oublier un désir d’être qui ne pourra s’accomplir, elle le sait, que dans l’écriture et dans l’amour. Après Garçon manqué et La Vie heureuse, Nina Bouraoui poursuit ici une quête d’identité qui va bien au-delà d’une orientation sexuelle assumée. « Il n’y a pas de malheur homosexuel, dit-elle, il y a un malheur amoureux. »


Premières pages

"Paris 30 octobre 1987

Je veux une arme pour me défendre, je veux le plus beau corps de la terre, je veux que le ciel de la nuit me protège, j’ai de la folie dans la tête, j’ai de l’or entre les mains, je suis une femme, je suis un homme, je suis tout, je ne suis rien, je déteste les filles qui font trop filles, je n’ai rien d’une fille normale, je perds ma voix, je gagne un cœur, je bois une bière glacée, je danse seule devant le miroir de la chambre, je n’ai rien de silencieux en moi, tout bouge, tout crie, tout se déplace, je quitte la vraie vie, je suis un secret, avant, j’entendais : Elle a un drôle de visage, elle a un regard qui dérange, elle n’est pas douce, elle a l’odeur d’un garçon, elle s’habille n’importe comment, elle a une beauté spéciale, on ne sait pas ce qu’elle deviendra; je sais nager, je sais écrire, je saurai aimer. Le jardin du Luxembourg est fermé, j’entends le bruit des feuilles, j’entends le bruit du vent dans les arbres, j’entends la ville et je ne suis plus dans la ville, il n’y a que mon corps, il n’y a que mon désir, je suis la Missy de Colette, je suis la Thérèse de Carol, je suis si petite, je suis immense dans la nuit, je sais et je ne sais pas, je peux et je ne peux pas, j’entre avant minuit au Katmandou, club féminin, j’entre sous la terre, j’entre dans mon corps, la nuit est un brasier. C’est l’odeur, d’abord, l’odeur des corps, je marche, je suis immobile, je cherche quelqu’un, je cherche une fille, c’est une terre étrangère, ici, c’est la voix d’une femme – 80 francs, la boisson est comprise –, ce sont les yeux, ce sont les mains, les petites marches à monter, c’est un spectacle, c’est le Milieu des Filles, je suis dans la forêt, je suis dans les sables, avant je n’avais peur de rien, avant je prenais des trains dans la nuit, je suis dans ma demeure, c’est le Katmandou, ce n’est pas Bilitis, ce n’est pas Patricia Highsmith, je ne sais pas si je dois danser, je ne sais pas si je dois boire, je ne sais pas si je peux fumer, je ne veux plus rentrer chez moi, je veux savoir, combien je vaux, combien je peux espérer de ce corps là, j’ai peur des femmes, je ne sais plus danser, il y a cette chanson de Stephan Eicher, Combien de temps, et à moi, combien faudra-t-il de temps pour trouver, pour être choisie? Je pourrais embrasser n’importe qui. Je veux juste une voix qui répétera mon prénom.


Combien de temps faudra-t-il pour trouver ? Pour devenir ce que je suis? Combien de temps pour avoir mes habitudes au Katmandou? Combien de temps pour trouver ma place, ma table, mon siège? Combien de temps pour danser? Je cherche, comme cherchent les hommes. Chez les filles il y a encore des slows. Chez les filles il y a encore la boule qui tourne au-dessus de la piste. Chez les filles, on entend : Je peux vous inviter ? Je n’ai plus de visage, je peux tout perdre ici. Ce que je suis. Ce que j’étais. Je deviens une professionnelle. Je suis la proie. Je suis l’appât. Bientôt, moi aussi j’attendrai à une table. Je regarderai. Ici, on vieillit si vite. Seule compte la première fois. Je sais qu’on me regarde. Ce n’est pas pour ce que je suis. C’est juste parce qu’on ne m’a jamais vue. C’est un petit milieu. C’est un petit salon. C’est le deuxième monde. Je ne connais pas ces visages. Vous habitez Paris? Vous avez quel âge? Vous êtes venue seule? Je veux rentrer avec quelqu’un. Je ne suis rien. Je suis tout. Je ne sais pas faire. Je me sens malade. Je me sens en vie. Ce n’est plus ma jeunesse. Je veux bien changer de vie. Je veux bien changer d’adresse. Je veux bien changer de nom. Je suis là. Regardez-moi.


La vie heureuse

"Il n'y a aucun choix à aimer une fille. C'est violent. C'est l'instinct. C'est la peau qui parle. C'est le sang qui s'exprime. Je n'ai pas choisi d'aimer Diane. C'est une loi physique. C'est une attraction. C'est comme la Lune et le Soleil. C'est comme la pierre dans l'eau. C'est comme l'été et la neige. C'est de l'histoire naturelle. Ca reste longtemps dans le corps. C'est inoubliable. C'est la grande vie.
J'aime Diane, je suis milliardaire"

Post-face du livre "La vie heureuse" publié chez Stock en 2002.

 
Garçon manqué ( existe en poche)


Son père Rachid est berbère, sa mère Maryvonne, bretonne aux yeux bleus. Nina est née en 1967. Pas facile d'être l'enfant des amoureux de 1960 dont la rencontre rappelle les pires moments de la guerre d'Algérie. Pas facile de grandir en Algérie et de voir sa mère insultée par des gamins. Pour mieux se défendre, Nina s'approprie la violence des hommes en devenant un garçon manqué. Mais comment s'y retrouver au bout du compte dans ces identités de fracture. Fille ou garçon ? Française ou Algérienne ? Le livre de Nina Bouraoui est à la fois lyrique et violent, tendre aussi quand elle évoque l'histoire d'amour avec Amine. Du soleil brûlant d'Algérie aux ciels mouillés de la Bretagne, il est rempli de contradictions qui ne sont pas seulement personnelles mais appartiennent à tant de gens dont on ne parle jamais


La voyeuse interdite (existe en poche)


Bonne lecture...




Et pour finir, un petit tour
dans le "L world
de Nina Bouraoui..."


Extraits d'un interview accordé à l'Express

"... j'aime la beauté des femmes, la sensualité, la douceur, et je n'en ai pas honte. La souffrance venait du monde des autres où je ne trouvais pas ma place. L'homosexualité entre filles se devait d'être muette, secrète, le désir devait se déployer dans la nuit, et on sait que la nuit est violente. Mais peut-être aimais-je aussi ce secret, cette transgression? La vie homosexuelle, c'est aussi une manière de prendre un chemin de traverse, de prolonger la jeunesse en ne suivant pas la route normale du mariage et des enfants. Je trouve magnifique d'aimer la même personne et de vivre avec elle, mais je suis opposée au mariage homosexuel: ce n'est pas cela qui nous donnera plus de respect. Que les homos aient des droits comme tout le monde. Mais si on est homosexuel, ce n'est pas pour mimer les autres! L'homosexualité n'est pas une alternative à l'hétérosexualité. C'est autre chose, une autre forme d'amour."

.."L'homosexualité, ce n'est qu'un mot. Quand j'ai osé l'écrire pour la première fois, je me suis dit: «Ah! quelle incroyable victoire!» Mais le langage nous emprisonne. «Ah, vous êtes homosexuelle?» On imagine tout de suite comment vous faites l'amour! L'homosexualité féminine est entachée des fantasmes pornographiques des hommes, ils imaginent soit de belles félines qui ne font pas grand-chose entre elles (sous-entendu: ce n'est qu'un passage, elles finiront bien par avoir besoin des hommes), soit des «femmes camionneurs» couvertes de tatouages... Dire que l'on est homosexuelle, c'est être cataloguée par sa sexualité, et cela me dérange profondément. L'homosexualité, ce n'est pas une identité. Je pense que le désir et la sexualité ne sont pas dissociables de l'amour."

«Toutes les filles veulent devenir célèbres pour réparer leur homosexualité», écrivez-vous également.Dans le milieu des filles, il y a un désir de réussite sociale, de célébrité, pour ne pas être réduite à l'homosexualité: «Je suis homosexuelle, d'accord, mais ce n'est pas grave parce que je suis une grande actrice ou une chanteuse» ...


Par cathetroll
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Vendredi 14 avril 2006

Louise
Labé

et

Agnés Jaoui

...

à savourer!





V.O


Baise m'encor, rebaise moy et baise:
Donne m'en un de tes plus savoureus,
Donne m'en un de tes plus amoureus:
Je t'en rendray quatre plus chaus que braise.

Las, te pleins tu? ça que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereus.
Ainsi meslans nos baisers tant heureus
Jouissons nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soy et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie:

Tousjours suis mal, vivant discrettement,
Et ne me puis donner contentement,
Si hors de moy ne fay quelque saillie.




V.F

Baise m'encor, rebaise-moi et baise :

Donne m'en un de tes plus savoureux,

Donne m'en un de tes plus amoureux :

Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

 

Las, te plains-tu ? ça que ce mal j'apaise,

En t'en donnant dix autres doucereux.

Ainsi mêlant nos baisers tant heureux

Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

 

Lors double vie à chacun en suivra.

Chacun en soi et son ami vivra.

Permets m'Amour penser quelque folie :

 

Toujours suis mal, vivant discrètement,

Et ne me puis donner contentement,

Si hors de moi ne fais quelque saillie.





Par cathetroll
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Jeudi 24 août 2006


Du sel,
des saveurs
et des rencontres...



Pour lire,
 deux extraits de l'oeuvre de Jocelyne François
Pour écouter,
Montserrat Figueras," Lux Feminae"
.



Extrait  de "Le sel" , Jocelyne François, 1992,
éditions Mercure de France





Certaines rencontres sont des couteaux :
elles tranchent la vie ou le câble
qui la retient encore captive.
Mortelles ou libératrices.
Il arrive aussi que la fin de l'aliénation commence par une mort apparente. Ainsi peut-on demeurer un certain temps dans une zone intermédiaire, pure souffrance inexprimée. Mais l'universel en nous ressemble au phénix et l'on imagine mal ce que ressent un homme qui ferme une fenêtre dans une maison debout, après un tremblement de terre. Ce geste si machinal - cette crémone que la main fait tourner sur elle‑même, cette satisfaction d'emboîter des éléments calculés l'un pour l'autre - peut faire pleurer de bonheur quand il est accompli dans la sensation prégnante du désastre. L'universel guette en nous chaque virtualité d'ouverture et plus l'ouverture est simple, plus elle touche à l'infini et sans doute vaut-il mieux que les rencontres majeures soient des couteaux. Si terrifiante que soit la lame, si insoutenable, nous savons après coup qu'elle est le nécessaire secours, celui que nous n'aurions jamais choisi. La violence extérieure précède le simple parce que le simple, lui seulement, nous situe en position de résistance. C'est le degré zéro qui engendre en nous le lieu du miracle où tout est possible. Par lui nous sommes au centre de la circonférence, dans l'immobilité extrême, dans l'extrême mouvement. Mais seul le couteau a pu nous retrancher de la force centrifuge et si nous nous réveillons étourdis,
la chair infectée par la limaille du morfil, nous sommes sauvés.  C'est pourquoi les grandes rencontres se signalent à nous par un vertige.

 

Extrait de : Signes d’air , Jocelyne François , 1982
Mercure de France





Pour écouter des extraits,
avec un minimum de qualité sonore :


http://www.abeillemusique.com/produit.php?cle=14865
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Lundi 2 octobre 2006

Ronde de nuit...

lecture plaisir...




« Son cœur se mit à battre plus vite. Dix minutes auparavant, elle était allongée ainsi, savourant la proximité familière du corps de Julia. Elle voulait fixer cet instant, en faire une larme de cristal. A présent le cristal s’était brisé. Car qu’était la jeune femme pour elle en fait ? Elle ne pouvait pas se pencher vers elle et l’embrasser. Comment faire savoir au monde entier que Julia était à elle ?... »


Sarah Waters – Ronde de nuit





 




http://www.sarahwaters.com/






« Chère Phyllis, j’adorerais prendre un verre avec vous à l’occasion, mais voyez-vous, il se trouve que mon amie est du genre jaloux, ce qu’on appelle une tigresse. Bien sûr, si vous étiez mariée ou excessivement laide, ou bien encore difforme, je peux vous assurer que les choses seraient fort différentes. Mais une femme ravissante comme vous, non ma chère, je ne peux pas prendre ce risque !Et peu importe que la femme en question soit intéressée ou non ; apparemment, je suis moi-même si irrésistible que si par hasard ses goûts ne la poussent pas vers les femmes, il lui suffira de prendre un cocktail avec moi pour en sortir métamorphosée en lesbienne déchaînée ! »


 

Par cathetroll
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Vendredi 20 octobre 2006

Les mécanismes de nos transports amoureux,
version phéromones et neurotransmetteurs...





Un petit livre facile d'accés, souvent drôle, sur les découvertes de la neurobiologie en ce qui concerne le comportement amoureux...
bien souvent c'est un tantinet restreint (modéle hétérosexuel oblige)
quant aux exemples et comparaisons....
Quelques restrictions car
l'auteure passe trop facilement
de données scientifiques
 à des considérations psychologiques variées
(souvent simplistes et normatives)
et extrapolations sexistes établies
 qui n'engagent qu'elle!










Un sourire ou un baiser...


Pour permettre la mise en contact des phéromones ambiantes avec leurs récepteurs, il faut faire un geste, décrit chez les animaux par le terme de « flehmen », une sorte de grimace produite en tirant sur les lèvres : les phéromones, captées dans le fluide des mucosités, entrent alors dans le sac voméronasal grâce à l'association d'une action capillaire et une action de pompe créée par la contraction des vaisseaux sanguins. Il n'est donc pas exclu que notre sourire fournisse le mouvement adéquat pour nous permettre de mieux flairer autrui. Mais d'autres vont plus loin. Les phéromones seraient libérées dans notre corps principalement par le sébum, dont la sécrétion augmente au moment de la puberté pour ensuite diminuer au moment de la ménopause. Comme la plupart des glandes qui sécrètent du sébum se trouvent au niveau du cuir chevelu, de la face, du cou et de la lèvre supérieure, il est possible que le baiser soit impliqué dans l'échange de messages phéromonaux. On sait que la salive contient des protéines qui lient des phéromones dans d'autres espèces, ce qui expliquerait que le baiser soit un véritable forage de l'autre cherchant à atteindre ses gisements affectifs.


Lucy Vincent- Comment devient on amoureux- page 42



 « flehmen » ou flehwomen ?

 


Lez contestation:

J'ai même rencontré des femmes ménopausées

fort amoureuses...

Par cathetroll
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Lundi 1 janvier 2007

Pour commencer l'année...

Une  auteure...  Abigail Padgett

Amateure de romans noirs variés, j'attend (et meme guette) la sortie éventuelle des nouveaux romans d'Abigail Padgett depuis la lecture de "L'enfant du silence"...
Donc bonheur de fin 2006, avec la sortie et lecture de "Petite Tortue"...


Cinquiéme enquête de Bo Bradley 
dans le style "polard ethnique" et droit des peuples .
Bo Bradley, est assistante de service social au service de protection de l'enfance de San Diego. Elle enquête, vit, aime tout en se débrouillant avec ses difficultés psychiques (troubles bipolaires, ou psychose maniaco dépressive, ou...).

Et puis surprise, surprise en fin de lecture j'ai fait quelques Google recherches sur A. Padgett...pour découvrir qu'elle était référencée aux Etats Unis  sur les sites féministes et lesbiens...et que peut être un jour nous découvrirons une autre série (deux titres à ce jour)  dont l'héroine, Blue Mac Carron, est
"a gay social psychologist" et sa compagne "Roxie Bouchie, an African American prison staff psychiatrist"...


"Petite tortue" a été publié en 1995
et il a fallu attendre 2006 pour l'édition française...

Patience et longueur de temps donc...



J'espère que tu comprends ce qui se passe. Parfois, je me sens un peu, disons, trop engagée dans ce que je fais. La machine s'emballe quand je suis trop fatiguée ou pour des tas d'autres raisons. Quand cela arrive, j'ai juste besoin de solitude. C'est ce qui arrive maintenant. Ça ira très bien dans un petit moment si je peux être absolument seule tranquille, sans avoir à parler, à être polie ni même consciente qu'il y a quelqu'un dans les parages. Tu peux accepter cela ? Oui, dit-il avec une assurance réconfortante. Il l'aida à se relever. Elle était heureuse qu'il n'ait pas dit « Oh, tu n'es pas obligée d'être polie avec moi », ou « Ne t'inquiète pas, tu ne sauras même pas que je suis là ». Le simple fait d'être dans la même pièce qu'une autre personne, même si cette personne était parfaitement silencieuse, voire endormie, représentait parfois une sorte de contrainte sous-jacente qui épuisait ses ressources psychiques.

A. Padgett - Petite Tortue page 295



Les livres disponibles en Français...

L'enfant du silence
Le visage de paille
Oiseau de lune
Poupées brisées
Petite tortue




Née en 1942, Abigail Padgett est une ancienne enquêtrice judiciaire pour le comté de San Diego, Californie. Elle travaille maintenant comme avocate pour les personnes ayant des troubles mentaux. Elle a une passion pour la préservation du désert et pour les cultures indigénes d’amérique. Elle a reçu un prix littéraire de "the Alliance for the Mentally Ill of New York State" et a été reconnue comme une des 25 personnes intéressantes de l’année 1995 par le San Diego Magazine. L’auteur de la série des anquêtes de Bo Bradley vit à San Diego ou elle travaille à son dernier livre sur Blue McCarron.

Ont été traduits en français quatre enquêtes sur cinq de Bo Bradley dans la collection de poche Rivages Noir.

Bo Bradley 1. Child of Silence (1993) 2. Strawgirl (1994) 3. Turtle Baby (1995) 4. Moonbird Boy (1996) 5. The Dollmaker’s Daughters (1997) Blue McCarron 1. Blue (1998) 2. The Last Blue Plate Special (2001)




Abigail Padgett


http://www.feminist.org/arts/mys_authors.html

Abigail Padgett's Bo Bradley mysteries feature an acerbic and savvy sleuth who tracks bad guys quite successfully while coping with manic depressive illness. A second series introduced by the wildly feminist mystery, BLUE, launches sleuth Blue McCarron, a lesbian social psychologist who lives alone in a half-built desert motel with her Doberman, Bronte.

Une présentation de "Blue"


http://www.feminist.org/arts/mys_revblue.html

http://www.planetout.com/entertainment/books/reviews/bluelight.html

 




Par cathetroll
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