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Dimanche16 octobre,
soirée gay et lesbienne sur Antenne 2 !!!
Ou coming out en "séries…"
Bonnes surprises (avec l’aide de Télérama)…sur la chaîne publique dimanche soir, avec Urgences et Cold Case.
Dans "Urgences", tout d’abord avec le retour de LA lesbienne de la série, Kerry, ex "chef de service pointilleuse" devenue « super chef »… venue se replonger dans le tumultueux monde des Urgences . Un femme, se plaignant de maux divers et variés, réclame ladite Kerry, cette femme se trouve être sa mère biologique, qui ne l’a jamais connu,ayant du l’abandonner à la naissance pour cause de grossesse adolescente et de pressions familiales multiples…
Bref, les démarches effectuées par Kerry semblent miraculeusement aboutir, et on en est vraiment heureuse pour elle, car la pauvre Kerry n’a pas eu une vie facile, a mis du temps à assumer ce qu’elle est, a perdu son amie dans les épisodes précédents…Evidemment un "hic" (loi des séries oblige!) se profile derrière ces retrouvaille : maman biologique est baptiste, parle en citant des extraits de la bible…et ne peut accepter que sa fille soit lesbienne ! Kerry, courageuse, tient le coup et ne veut pas d’une relation où elle n’est pas reconnue pour ce qu’elle est : lesbienne, avec un enfant (de son ex..). Le bon sens, l’amour maternel et le courage de Kerry l’emporteront il sur la foi baptiste…suite aux prochains numéros !
Ensuite épisode de Cold Case, affaires classées…Là il s’agit de déterrer les cause de la mort d’un jeune étudiant, amateur de base-ball, dans les années 60, à la demande de sa mère qui veut connaître la vérité avant de mourir.. L’inspectrice remonte la piste à travers le temps, pour se retrouver face à un crime homophobe, commis avec une certaine complicité de la police…à cette occasion les esprits s’ouvrent, les coming put se multiplient et chacun se réconcilie avec son histoire et/ou ses proches. L’épisode fait le tour des dégâts de l’homophobie : assassinats et violences homophobes ; complicité sociétale ; dégâts psychiques intra personnels et interpersonnels…
http://www.urgences-la-serie.com/
Dr Kerry Weaver (depuis 1995) a d'abord été chef des internes au County General, puis médecin aux Urgences. Autoritaire, handicapée à une jambe, elle fait passer son travail avant tout et est peu appréciée du reste du personnel. Son savoir-faire sans pareil dans les situations critiques lui ont fait gagner le respect de ses collègues, sinon leur affection. Kerry a eu des liaisons avec des hommes cependant elle se révèle être homosexuelle quand elle rencontra le Dr Kim Legaspi. Elle refuse pourtant de rendre publique leur liaison ce qui provoqua leur rupture. Par la suite Kerry se laisse séduire par Sandy Lopez, une femme pompier qui lui force la main pour assumer son homosexualité en l'embrassant dans l'hôpital.
A noter que sur le site d’antenne 2, la biographie de Kerry ne parle que de son ambition professionnelle et de son caractère parfois « raide » !
Lily enquête sur le cas de Daniel Holtz, un joueur de baseball, retrouvé battu à mort dans une rue derrière un bar gay en 1964. La mère de Daniel vient voir Lily dans l'espoir que le meurtrier puisse être traîné devant la justice avant qu'elle ne meure. Lily découvre alors la maltraitance que pouvaient recevoir les victimes gays dans les années 60, jusqu'à ce qu'elle mette en évidence que les coups mortels ont pu être causés par la matraque d'un policier.
"A cause de la norme, on se fait parfois, sans en avoir conscience, assassin de leur identité. Alors même qu'ils espèrent une société sans oubliettes ni grilles, qu'ils attendent des courbes et des chemins ondulants, nous leur offrons un espace social trop carré, figé, clos. Nous sortons difficilement de la culture des lieux spécialisés et des territoires séparés, les conduisant à une existence insularisée, périphérisée. Pourquoi, par exemple, autant se préoccuper de l'accessibilité des établissements scolaires, des lieux de travail ou des logements, puisque nous leur offrons la possibilité de vivre ailleurs, dans des écoles, des ateliers protégés, des foyers de vie, qui leur sont adaptés et réservés ? D'un côté, les « bien-portants », qui constituent la majorité ; de l'autre, les « handicapés », considérés comme un groupe en soi, un genre, une humanité spécifique….
Or le handicap n'est qu'un des aspects spécifiques des problèmes généraux de notre humanité. Il ne fait qu'en jouer le rôle d'amplificateur. Le sort peut amener celui-ci ou un autre, sans aucune prévisibilité ni équité, à en être victime. Parce qu'il relève de l'ordinaire de la vie, il est à prendre en compte chaque fois que l'on pense l'homme et ses droits, que l'on éduque ou que l'on forme, que l'on élabore des règles et des lois, que l'on conçoit l'habitabilité sociale ou que l'on aménage les espaces citoyens, etc. C'est de cette seule manière que pourra s'accomplir la désinsularisation de ceux qui ne sont pas du bon côté du hasard….
En effet, rarement épidémie d'auto-centration et de paraître n'a été plus violente. L'individualisme est devenu la règle. Qui ne voit le cinéma des apparences : « Je montre, donc je suis » , « J'existe à coups de taille mannequin, à l'aune de mes gloires et de mes résultats au box-office » ! Avoir l'air, tout est là ! L'Homme s'est enflé à la fois d'une illusion d'auto-suffisance et d'une confiance illimitée en l'individu et en une société du bonheur individuel. Dans un monde s'apparentant de plus en plus à une vaste entreprise, les réussites scientifiques, l'ingéniosité à dominer la nature, la matière, la vie, l'univers et l'apparente aptitude à réaliser tout ce qui, jusqu'à maintenant, paraissait impossible, marquent d'assurances excessives notre culture du progrès. Il en découle un réel déséquilibre, dû à l'étiolement du lien entre citoyens et la dissolution de la communauté qui s'ensuit. Il n'est guère surprenant que les plus fragiles subissent puissamment les ondes de choc d'une société qui se révèle plus exigeante d'indépendance que de conscience de l'autre et ne parvient pas à se donner un sens supérieur par le lien à autrui…
La révolution culturelle est donc essentiellement là : dans une désacralisation de l'individu qui se voudrait parfait, immortel et auto-suffisant. C'est grâce à ceux que l'on qualifie de « dépendants » que notre culture se délestera de son poids de sécheresse. Ils peuvent permettre de refonder une société plus humaine, toute humaine, rien qu'humaine, faisant corps par l'inclusion de chacun et l'interaction entre tous. Les progrès en humanité de l'homo sapiens s'effectueront sous la double impulsion de l'homo socians, enclin à la reliance, et de l'homo universalis, ouvert à tout l'empan de l'humanité, refusant que la promotion des uns se nourrisse de l'exclusion des autres…
Experts en humanité, les blessés de la vie rappellent, puisque besoin est, que les hommes sont ainsi faits qu'ils ne peuvent habiter le monde que dans la quête et l'errance à perpétuité. Leur substance d'homme ne procède pas de leur esthétique extérieure, du vernis de leur paraître, ou de leurs gloires aussi illusoires qu'évanescentes. L'imperfection, le défaut, le manque sont profondément humains. La fragilité et la vulnérabilité constituent le sort commun. La vie méconnaît la rigueur mathématique : l'inconstance est sa caractéristique, sa réalité, son histoire, son devenir. Ni sillon tracé droit, ni mouvement rectiligne, elle est le temps des dérobades, des résistances, des fuites, des deuils. Elle est l'espace de la contingence, du mystère de l'inégalité, de l'inexorablement provisoire…
Ceux qui, par chance, jouissent de ce qui fait défaut à d'autres, ne disposent là que d'un bien éphémère dont, à tout instant, ils peuvent être privés. « Qu'est-ce que l'homme, ce demi-dieu si vanté, s'interrogeait Goethe. Ses forces ne lui manquent-elles pas précisément alors qu'elles lui sont le plus nécessaires ? Et quand il prend son essor dans la joie, ou qu'il s'abîme dans la douleur, n'est-il pas arrêté dans un sens ou dans l'autre et ramené au plat et froid sentiment de lui-même, juste au moment où il aspirait à la plénitude de l'infini ». Si l'incomplétude et la finitude, prix de l'existence, invitent à renoncer aux folles espérances de perfection et d'éternité terrestres, elles commandent également de donner le plus à ceux qui ont le moins. Or, que de fois n'entend-on pas dire qu'il est épuisant, déprimant de côtoyer ceux qui sont affectés par un handicap ! Il est malaisé, ajoute-t-on, de communiquer avec elles, de les comprendre, de se faire comprendre et fatiguant de changer de rythme, de se courber pour se mettre à leur portée, à leur niveau. En réalité, ce ne sont pas ces faux ajustements qui éprouvent les bien-portants, mais plutôt leurs difficultés à se hisser à leur hauteur. A s'en montrer dignes. A affronter le scandale de l'épreuve qui, sans prévenir, prend à contre-pied, lamine l'image que l'on se fait de l'être humain et contraint à s'en faire une autre, moins idyllique. A se confronter finalement à leur manque à être, à leur pauvreté essentielle, mais aussi à la question de la vérité de leur existence…
Le handicap brise la stratification de l'ordre établi, décolle les paillettes, arrache les masques qui déguisent les conduites sociales, fait tomber en abîme toute illusion humaine. Il confronte chacun à ce qu'il pourrait être, à ce qu'il peut devenir, ne serait-ce que par l'irrémédiable travail du temps. Il place tout être face à sa propre énigme. Face à ses détresses intérieures, à cette part de son intimité contenue dans l'autre, à ce qu'il veut tenir enfoui au tréfonds de lui-même. Face à l'étranger interne, qui habite tout sujet, en restant hors de sa prise . La blessure de l'autre met en situation de crise et vient réveiller les peurs personnelles, les angoisses et les traumatismes refoulés…
La nouvelle religion entrepreneuriale, qui canonise le battant et mythifie le gagnant, conduit insidieusement à la déliquescence communautaire par mépris de celui qui, par manque de forces et de moyens, ne peut entreprendre, s'imposer, avoir du succès et réussir. Aussi est-il urgent de s'interroger sur les responsabilités de celui qui entreprend et gagne, envers celui qui échoue parce qu'il ne peut entreprendre…"
L World…
"Un plus pour les lesbiennes"!
Si ma « Goudou Planète » me semble un peu plus variée socialement, lesbiennement et culturellement que le World de « L World »…la série me semble vraiment être un plus pour les lesbiennes de tous poils et toutes conditions…
J’ai 50 ans, et c’est la première fois que je vois quelque chose qui parle aussi simplement de nos « amours/désirs/vie sexuelle », de nos problèmes spécifiques (même si ça se passe dans « un tout petit monde » un peu, euphémisme, « ghettoïsé ») et de ce qui se passe dans nos interactions avec le monde en général (coming out, famille, insémination, relations avec les hommes, lesbianophobie).
C’est le privilège de ce mode d’expression qu’est la série :
situations ciblées, problème de cœur favorisés, problèmes sociaux traités de façon simplifiée et directe…et pour certaines, comme L World, humour et réparties. Donc, on s’attache aux personnages, on fait son marché et on s’identifie…c’est le jeu. Et en retour on en subit les effets de mode, l'influence...on n'en sort pas indemnes! Nous personnellement, mais aussi notre image modifiée, (re)construite chez tous les non-lesbien(ne)s qui nous verront à travers le miroir de cette série.
Hors la nouveauté, j’ai apprécié la part faite à la sexualité, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de films lesbiens où il semblerait que la sexualité pour les lesbiennes se réduisent aux « baisers rallongés », au flou artistique, au glissement habile de la caméra avec musique ad hoc…
Dans L World, il y a pas mal de sensualité et des positions variées, ce qui remet un peu les choses en places quant à ce que nous sommes… (Un bon additif, les livres de CY JUNG...http://cyjung.free.fr) et à la force de notre désir incarné.
Abordé aussi avec humour la question des copines, des ex, des amantes, et du couple…
Enfin, au petit jeu de « ma lesbienne préférée »…je répondrais « Marina » sans hésitation !
Dans mon L World …
Des femmes pas forcément la trentaine, belles, aisées…
Sur ma "Goudou Planète"…
Des femmes de tous âges, parfois ridées…
Des femmes à la peau lisse et douce…
Des femmes duveteuses à souhait…
Des femmes moelleuses…. ou androgynes…
Des femmes profs, techniciennes ou ouvrières, aide soignantes, brocanteuses ou médecins…
Des femmes fonctionnaires, des fonctionnelles, des hyper actives et des larguées…
Des femmes sauvages ou sociables, marginales ou intégrées…
Des femmes qui se battent pour vivre...pour qui rien n’est jamais acquis…
Des femmes à l’homosexualité invisible et secrète...
Des femmes qui attendent et des femmes qui agissent...
Disons pour en finir, qu’il me semble que ma « Goudou Planète »
Je la vois « Arc en ciel » et variée….
Comme le monde dans lequel je vis !
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